Entre photoréalisme séduisant et sujets troublants, Roxy Peroxyde explore les récits personnels et les tensions de la conscience collective féminine. Autodidacte, l’artiste montréalaise développe une œuvre où l’esthétique attire le regard, tandis que les histoires qu’elle dévoile invitent à regarder au-delà des apparences.

Quels sont les grands thèmes qui traversent ton travail depuis le début, et comment ont-ils évolué au fil des années ?
Quand je regarde l’ensemble de mon oeuvre, ce que je vois dans mes débuts de carrière, c’est une recherche identitaire. Celle-ci est éventuellement devenue un travail narratif autobiographique. Chacune de mes oeuvres portent en elles un fragment de ce qui était vécu dans chacune des phases de ma vie, mais également dans un sense plus large, ce que je reconnais dans le zeitgeist et plus précisément dans la conscience collective feminine. Je joue avec certains themes et tensions qui ne sont pas traditionnellement soulevées dans le monde de l’art et la peinture classique.
Tu es autodidacte. Quels avantages cela t'a-t-il donnés par rapport à une formation académique plus traditionnelle ?
Je crois que cela m’ait permis de developper une technique “signature”. Par la force des choses, si le résultat que je cherche a recréer existe uniquement comme un concept qui ne détient pas de plan en étapes par étapes, le résultat sera créer de façon organique et relativement moins influencer par ce qui existe déjà. Ce chemin n’est pas nécessairement applicable à tout le monde, certaines personnes seront capable de réaliser leur plein potentiel seulement par initiation dans un contexte académique. Je n’ai pas trouver le context académique que je recherchais a l’époque, ce qui m’a pousser à entreprendre l’apprentissage du medium par essaie erreur. Il n’y avait pas les ressources que l’ont retrouve en ligne de nos jours, j’ai commencer en 2008, l’internet était encore à un stage embryonic et j’ai de peine et de misère essayer de trouver les ressources, ce qui me faisait perdre plus de temps que de me mettre au travail. J’ai persister jusqu’à ce que j’ai des résultats, parfois indecent, mais nécessaire a mon apprentissage du metier, dans tout le sens du terme. La deuxième étape suivant l’application de la peinture sur le canvas, c’est d’apprendre a avoir le courage mettre son ego de coté, de partager le travail, et de rester désillusionner que quelqu’un quelque part résonnera avec le travail, malgré le stade toujours précaire du travail. Un jour, la désillusion se concrétisera, et ce sont ses jours qui pousseront le travail et le désir d’acharnement, sans quoi, il est tres difficile de persister.

Ton travail crée souvent une tension entre attraction et malaise, entre une esthétique séduisante et des sujets plus complexes. Pourquoi est-il important pour toi de maintenir cette friction dans tes œuvres ?
Je crois que cette friction vient d’un désir d’être comprise. C’est un peu comme un piège que je tend. On peut très bien survoler l’ensemble du travail avec légerté d’esprit, sans en penser grand chose en surface, cela est intentionnel et me permet d’aborder des sujets beaucoup plus lourds que ce que ma palette de couleur pourrait laisser croire.

Le photoréalisme exige une patience et une rigueur énormes. Combien de temps une toile te demande-t-elle, et quel est le processus de création d'une œuvre, du début à la fin ?
Effectivement. Le temps d’une oeuvre varie grandement et depend de la complexité de ce qui est inclu dans le tableau. Par exemple, peindre un visage en closeup me prend environ une journée de travail. Mais quand on ajoute deux mains, une veste de jeans, un col en fourrure, un paysage, le tout s’accumule tres vite, et peut facilement devenir 2 ou 3 semaines de travail. Mais rendu a un certain point dans la carrière d’un artiste, le temps devient un facteur qui n’importe plus. Les années de travail accumulés, l’expertise, la precision, et la valeur marchande apporte une dimension qui ne permet pas a la valeur de l’oeuvre de rester relative au temps qui lui est consacrée.

Tes titres agissent comme des déclencheurs. Comment les choisis-tu, et arrivent-ils avant ou après l'image ?
Il me viennent pour la majeure partie lorsque l’oeuvre est terminée, un peu comme si il existait déjà quelque part, et que l’oeuvre existe grace a l’existence de son titre. Je me suis surprise plusieurs fois a ce jeux. Ou l’oeuvre prend toute sa dimension et son génie seulement une fois que le titre vient à moi. Cela peut prendre une fraction de seconde, parfois tout un après midi, et la perspective de gens a qui je fais confiance et qui comprennent la complexité de ma personne et de mon sens de l’humour.
Tu défends la vérité et l'intégrité comme principes. Qu'est-ce que cela implique concrètement dans un monde de l'art souvent dominé par le marché et l'image de marque ?
Défendre ce qui m’est vrai, et rester intègre dans le processus implique que je ne répond pas au pressions du marché et de l’image de marque, car cela enfreindrait la règle qui m’a donner la carrière que j’ai aujourd’hui.

Nomme un artiste qui t'inspire et dis-nous pourquoi.
Andy Warhol. Il appliquait le même principe, sous un chapeau différent.
As-tu des projets ou des expositions à venir dont tu aimerais nous parler ?
Un livre, et un film 🙂
Pour découvrir davantage le travail de Roxy Peroxyde : Site Web & Instagram.

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